Armelle ALLOUIS, céramiste
 
Partons à la découverte d'une artiste nouvellement arrivée sur notre commune.
 
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Aussi discrète sur elle-même que ses œuvres sont parlantes, Armelle ALLOUIS travaille la terre, selon la technique du Raku : technique japonaise, qui par ses procédés de cuisson, provoque le craquèlement de l'émail. Après une 2ème cuisson à 1000°, les pièces sorties du four se craquèlent sous l'effet du choc thermique. Alors plongées dans un container empli de sciure, celle-ci s'enflamme. La fumée dégagée noircit les fissures et les parties laissées volontairement vierges de tout émail. Ce procédé confère un jeu d'ombre et de lumière donnant une profondeur, une vie à ses sujets ; fussent-ils des animaux ou des personnages.
« Le nid », groupe de 3 oiseaux stylisés, vous invite à la conversation ; « la grue » avec sa parade vous incite à l'observation ; la « légitime fierté » de cet autre oiseau, dont le mouvement explicite pleinement son sentiment ; et cet autre « Oh, my God » : qu'a t-il pu faire comme sottise pour être aussi confus ? Entrer dans le bestiaire d'Armelle Allouis, c'est pénétrer dans un univers de confiance, de secrets partagés, de traces de caresses, liées au modelage, sculptage, ciselage de tous ces objets... Sont-ce des objets ? Plutôt des amis qui sortent de ses mains.
 
Le parcours de l'artiste.
Les marges de ses cahiers d'écolière se remplissaient déjà d'oiseaux de toutes sortes aux ailes colorées. Bien plus tard, ce sont les cours du soir aux Beaux Arts : dessins, peinture puis découverte du pastel sec. La découverte du modelage, lui permet d'affirmer son goût pour la saisie des attitudes et du mouvement. Parallèlement, son travail d'ergothérapeute lui fait ressentir l'importance de l'approche de la matière pour ses patients, dans leur thérapie.
 
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 Très ancrées dans le territoire breton, riche en espaces sauvages et protégés, ses œuvres naissent d'abord d'une observation sur le vif, puis le croquis. Le regard imprégné d'attitudes, les doigts impriment ensuite à la terre des formes auxquelles l'imaginaire prend sa part, accentuant le voile d'une nageoire ou la courbure d'une aile.
Plutôt fascinée au début de son parcours par des formes rondes qui lui ont valu de développer tout un bestiaire fantastique sur vases et théières, Armelle Allouis est progressivement passée à des créations ovoïdes qui ont rapidement cédé la place à des créatures animales et à des silhouettes humaines en mouvement. Un cheminement artistique qui tient de l'éclosion, se tenant ainsi par un mimétisme étrange au plus proche de son sujet.
La pratique du raku a, peu à peu, fait oublier à l'artiste son intérêt premier pour la couleur. Le contraste, entre les parties noires enfumées et les parties blanches craquelées, souligne les reliefs du sujet et la pureté des lignes.
Pour reprendre les mots d'Armelle, pour décrire le travail de la terre : « Donner forme à ce qui par nature n'en a pas ».
Chaque pièce est une genèse recommencée. Le contact sensuel de la terre ; ces moments bénis où l'argile plie sans efforts sous les doigts, la lente émergence d'une aile qui se déploie, d'une tête renversée vers le ciel ou de la grâce du danseur.
De la terre modelée naît le mouvement et du mouvement naît l'émotion. C'est cette émotion qui vous envahit. Armelle capte la vie, et transmet des instants de grâce.